Dossier Mumia
 | USA:Prisonniers politiques


source: Communiqué du MIR, Mouvement International pour les Réparations
Réseau MIR


USA, DES PRISONNIERS POLITIQUES
SUR LA LIGNE DE FRONT ! (1)

…En 1978, lors d'un entretien accordé à Paris, au journal Le Matin, Andrew Young, ancien proche du Révérend Martin Luther King et premier ambassadeur Africain-américain des Etats-Unis à l'O.N.U. déclare: "Il y a des centaines, peut-être même des milliers, de prisonniers politiques dans les prisons américaines". Cette déclaration lui vaut d'être révoqué sur le champ par le Président démocrate Carter… De fait, il y a des prisonniers politiques aux USA, des prisonniers qui dans leur quasi-totalité n'ont commis aucun délit, des prisonniers qui dans leur majorité sont africain-américains.

Ils dénoncent la violence et la corruption de la police, du système judiciaire et de l'appareil politique, l'application raciste de la peine de mort et le règne d'un véritable terrorisme d'Etat: (Voir Documents des Nations-Unies, d'Amnesty International etc.).
Ils dénoncent la collusion des autorités américaines avec les filières de production/ transformation/ importation/ commercialisation de drogues et étaient tous, avant leur arrestation, engagés dans un combat militant contre la diffusion de stupéfiants notamment dans la communauté noire (L'un des textes de Mumia Abu-Jamal s'intitule: "CIA, les seigneurs du Crack").
Ils dénoncent la planification aux plus hauts niveaux nationaux et internationaux du génocide de certaines populations et notamment des populations d'origine africaine aux USA et dans le reste du monde (et les comptes-rendus des enquêtes menées en Afrique du Sud après la chute de l'apartheid le confirment).
Ils dénoncent l'escroquerie à l'origine du boom des incarcérations des années 80 aux USA; il faut rappeler qu'au début des années soixante dix le nombre des prisonniers était voisin de celui de 1950 et que les autorités américaines s'apprêtaient à fermer des grands pénitenciers en Georgie, dans le Kansas et dans l'Etat de Washington. En moins d'une décennie, on assiste à la mise en place d'un véritable complexe industriel carcéral dont l'objectif ouvertement avoué est d'amener le coût de la production au niveau de ce qu'il est dans les pays tels que le Mexique. Avec près de 2 millions de prisonniers (le chiffre le plus élevé du monde) c'est d'un processus de ré-esclavagisation dont il s'agit, lequel permet une délocalisation intra-US du travail.

Parmi ces prisonniers qui inlassablement dénoncent le gouvernement des Etats-Unis, il en est un que l'Etat américain a décidé d'exécuter: c'est Mumia Abu Jamal.
Et depuis les cages où ils sont enfermés, les autres prisonniers politiques des Etats-Unis d'Amérique (Parmi lesquels Leonard Peltier, le leader emblématique de la résistance indienne arbitrairement condamné à une double peine de prison à vie) ont lancé un appel aux défenseurs des droits humains à travers le monde, pour nous demander de concentrer toutes nos énergies sur la libération de ce prisonnier-là. … Grâce à Mumia, le débat sur la peine de mort est d'ores et déjà réouvert aux États-Unis et Amnesty International a lancé en 1998 une campagne "Droits pour tous" qui a révélé l'ampleur du racisme et de la violence policière en particulier à l'encontre des Africains aux États-Unis.
Pour la libération de Mumia un comité ad hoc de coordination a été créé, qui rassemble ses proches, ICFF, International Concerned Family and Friends of Mumia (http://www.mumia.org) parmi lesquels les membres de la communauté MOVE. Pour la libération de l'ensemble des prisonniers politiques une coordination a été mise en place dans les années quatre-vingt dix: le Mouvement Jericho (http://www.thejerichomovement.com/)

RESPECT ET LIBERTE POUR TOUS LES PRISONNIERS POLITIQUES
FREE MUMIA ABU-JAMAL !
CAN'T JAIL THE SPIRIT
Dare to struggle, dare to win

MIR (mir@wasadugu.org), 2000


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