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Le
Kwanzaa est une manifestation culturelle, qui
répond à la nécessité de
célébrer en même temps, partout
dans le monde, des valeurs dans lesquelles nous nous
reconnaissons; il peut aussi offrir aux nouveaux arrivants
dans un lieu donné, un cadre facile d'insertion
sociale.
Comme
toute tradition vivante le Kwanzaa se façonne
en permanence pour répondre aux besoins ressentis
par les groupes qui le célèbrent.
Les
principes-piliers sont clairement énoncés,
et il appartient à ceux qui célèbrent
kwanzaa de leur donner une traduction concrète
pour faire du kwanzaa un outil de libération.
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Dans
les années 60' Ron Karenga crée une organisation
dénommée US (United Slaves !) et sugit
comme leader du "nationalisme culturel" au moment
où le mouvement de libération est en pleine
ascension (Watts,1965). La théorie qu'il prône,
est que la révolution culturelle doit précéder
la révolution politique.
Ron
Karenga se définit comme "nationaliste culturel",
et est considéré par les mouvements révolutionnaires
comme un agent de diversion égarant les militants
dans un folklore de pacotille (quelques mots en
langues africaines, des vêtements et autres amulettes
prétenduement africains etc.), pour empêcher
qu'ils ne se focalisent sur les questions-majeures, et
en particulier sur la dénonciation de l'exploitation
capitaliste et sur l'identification des voies et moyens
d'y mettre un terme. |
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Le COINTELPRO aidant (à coup de faux courriers,
faux appels téléphoniques, fausses rumeurs,
fausses menaces de mort) la tension monte entre les
militants du Black Panther Party et ceux de United Slaves,
et des membres de l'organisation de Karenga assassinent
pour le compte du FBI et du LAPD (Los Angeles Police
Department) au moins deux responsables du Black Panther
Party, Jon Huggins et Bunchy Carter, sur le campus de
l'UCLA en 1969 ... Les
coupables dont arrêtés et s'évadent
en 1974.
Quand on fait le point sur la fin des années
60' et le début des années 70', on constate
que les membres du BPP ont été décimés
(tués ou emprisonnés) alors que ceux de
US n'étaient pas touchés. Deux interprétations
sont avancées: 1 ) la direction de US était
achetée par le FBI - 2 ) l'idéologie prônée
par US convenait au FBI.
D'anciens membres du BPP ont à plusieurs reprises
demandé que le gouvernement donne les éclaircissements
prenant notamment pour exemple, la Commission Réconciliation
et Vérité de l'Afrique du Sud post-apartheid.
A ce jour il n'y a pas eu de suite.
1971
Devenu plus ou moins dépressif (victime d'hallucinations
etc., hanté par la peur d'être assassiné)
Ron Karenga commet lui-même des actes gravissimes
de torture sur deux femmes membres de son organisation
qu'il accuse (sans donner aucun élément)
d'avoir comploté de l'empoisonner avec du verre
pilé. Ces actes de torture (violences diverses
clôturées par ingestion forcée de
détergents) entraînent sa condamnation
cette année 1971. C'est cette même année
que, Louis
Tackwood, un agent provocateur employé par le
LAPD (Los Angeles Police Department) révèle
publiquement que Karenga a été félicité
par leur employeur commun (FBI/LAPD) pour ses services
et a reçu en retour argent, armes et stupéfiants.
[Louis E. Tackwood, The Glass House Tapes (New York:
Avon Books, 1973), pp. 105-7.]
Après
une brève détention Ronald Karenga sort,
et celui qui s'est auto-proclamé "maître"
(maulana) devient Chairman of the Black Studies Department
à l'Université d'Etat de Californie à
Long Beach. Par la suite, universitaire établi,
il produit plusieurs ouvrages tout à fait intéressants
sur
la culture et le contenu des Black Studies.
En
1995, il est à l'origine de la Marche d'un Million
d'Hommes organisée par la Nation de l'Islam et
l'un des orateurs de cette manisfestation.
En
1997, la poste américaine imprime un timbre pour
Kwanzaa et le Président Clinton tient à
féliciter personnellement Ron Karenga en rendant
un hommage vibrant aux principes du kwanzaa qui transcenderaient
toutes les frontières....
MIR (mir@wasadugu.org), 2000
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