LES ACQUIS DU COMBAT AVEC MUMIA
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Mumia
Abu Jamal et la réouverture du débat, aux USA, à la
fin des années 90' sur l'abolition de la peine de mort,
sur les emprisonnements politiques, sur la corruption
du système politico-judiciaire et sur la barbarie
du système carcéral
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Le
Monde Diplomatique, Marie-Agnès Combesque, Août
1995, p.4. : "UNE campagne internationale tente
d'empêcher l'exécution, prévue à Philadelphie, le 17 août,
de M. Mumia Abu-Jamal, journaliste et ancien membre
des Panthères noires. Elle relance le débat sur la peine
de mort aux Etats-Unis. Un débat d'autant plus nécessaire
que l'application de ce châtiment frappe principalement les
minorités raciales. L'affaire Abu-Jamal incite aussi à s'interroger
sur les procédés employés par les autorités du pays, de 1968
à aujourd'hui, pour liquider les mouvements révolutionnaires
américains et leurs militants."
RAPPEL
...Tout
cela n'est pas sans effet sur un pays qui prétend se
poser en champion des droits humains; la preuve en est qu'en
1996 la Géorgie préfère suspendre les
exécutions pour la durée des jeux olympiques...
En
une année, de JUIN 1999 à JUIN 2000,
en
dépit des menaces que fait peser l'extrême droite
via notamment le principal syndicat policier des USA, plusieurs
établissements universitaires font de Mumia (par cassette
interposée) leur invité d'honneur pour la remise
des diplômes (Evergreen College, Antioch
College, Kent State University,
Santa Cruz University...).
Les principales associations américaines de lutte contre
les discriminations s'allient dans la défense de Mumia
notamment en présentant des mémoires d'appui
(amicus curiae de mars, d'avril
et de juin 2000) à
l'habeas corpus. En novembre 1999, le Sénateur Russ
Feingold dépose un projet
d'abolition de la peine de mort à l'échelon
fédéral; en février 2000, le Conseil
Municipal de Philadelphie vote une résolution demandant
un moratoire de suspension en Pennsylvanie; en avril 2000,
le New hampshire vote pour l'abolition;
en mai 2000, des membres du Comité
des Grâces du Texas, bien que nommés par
M.Bush, expriment publiquement leurs doutes quant à
la fiabilité du système et au risque d'exécuter
des innocents; toujours en mai 2000,
l'Ambassadeur des USA en France exhorte publiquement,
dans un interview à Newsweek, ses compatriotes à
revoir leur position sur la question de la peine de mort;
en juin 2000, c'est la Ministre de la Justice, Janet
Reno qui à son tour exprime son inquiétude
(*)quant à la fiabilité du système et
souligne l'incompétence des avocats commis d'office
et la nécessité d'une prise en charge financière
par les pouvoirs publics pour garantir une Défense
juridique adéquate des accusés risquant la peine
de mort; à son tour, ce même mois de juin 2000,
le candidat démocrate
Al Gore émet des réserves quant à
un système qui peut exécuter des innocents;
c'est alors que sort le Rapport
Liebman des spécialistes de la Columbia University,
qui, passant en revue toutes les affaires de condamnations
à mort de 1973 à 1995, conclut que plus des
deux tiers des condamnés à mort ont été
injustement condamnés.
Enfin,
dans l'Illinois, le Gouverneur George Ryan républicain
pro-peine de mort, met un moratoire sur les exécutions
se référant aux 13 condamnés à
mort qui dans cet Etat ont vu leur culpabilité infirmée
depuis la réinstauration de la peine de mort en 1977.
Des
universités se sont impliquées, des musiciens,
des cinéastes etc. se sont engagés, la pression
internationale s'est intensifiée, et les sondages indiquent
que l'opinion publique américaine est de moins en moins
favorable à la peine de mort parce que c'est un "châtiment"
qui n'a aucun effet dissuasif et qui est appliqué de
manière injuste et hasardeuse.
Avec l'arrivée à la Présidence de M.Bush,
le combat doit se poursuivre et redoubler d'intensité.
En ce qui concerne Mumia, il faut rappeler que le FOP (principal
syndicat policier proche du Ku Klux Klan) avait décidé
l'an passé de consacrer l'intégralité
de ses fonds à la campagne qu'il mène pour faire
exécuter Mumia.
(*)
16 juin 2000 , Attorney General Janet Reno:
"Il y a dans ce pays trop de gens qui n'ont pas d'avocat
compétent pour les représenter dans les cas
passibles de la peine capitale" a-t-elle dit, exhortant
les Etats à mieux contrôler que les condamnés
à mort aient accès aux meilleurs avocats. "Chaque
Etat devrait développer un système qui puisse
garantir une représentation adéquate".
Janet Reno a également appelé à un recours
plus large aux tests d'ADN avant et après les condamnations,
pour s'assurer de la culpabilité ou de l'innocence.
Pendant la conférence de presse,elle a rappelé
le cas de James Joseph Richardson, que jeune avocat de la
défense, elle a défendu en Floride. Richardson
a été libéré après 21 ans
passés dans le couloir de la mort, "et de penser
qu'il aurait pu passer sur la chaise électrique pour
un crime que je pense qu'il n'avait pas commis", "cela,
simplement nous ne pouvons pas le faire" a dit Reno.
MIR
(mir@wasadugu.org), dec 2000
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