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http://homepage.ntlworld.com/carlene.lyttle/home.htm LE SCANDALE
DE L'ÉVICTION PAR LE ROYAUME-UNI ET LES ETATS-UNIS L'archipel des îles Chagos est situé dans l'Océan Indien au nord-est de Madagascar, et constitué de 65 îles, dont la plus grande est Diego Garcia (44 km2). Elles ont été découvertes par les Portugais lorsqu'ils cherchaient une nouvelle voie pour atteindre l'Asie en contournant l'Afrique suite à la prise de Constantinople par les Turcs en 1453. Et c'est quarante ans plus tard, en cette année fatale 1492, où Christophe Colomb débarque sur le continent américain que Vasco de Gama franchit ce passage au sud de l'Afrique et arrive lui en Inde. Sur sa lancée d'autres navigateurs portugais suivent dont en 1532 Diego Garcia qui va donc donner son nom à la plus grande île de l'archipel des Chagos. Les colons vont instaurer là comme ailleurs le système des plantations esclavagistes et organiser la capture et la déportation des captifs africains dans ces îles. Au début
des années 60', les luttes de libération s'amplifient, la
décolonisation est partout engagée, et l'Afrique australe
constitue alors un bastion de la colonisation blanche de peuplement articulé
autour de l'Afrique du Sud de l'apartheid. Le choix se porte sur les Chagos qui est à la fois proche de l'Afrique mais aussi du Proche-Orient et de l'Asie, et les Anglais visent en particulier Diego Garcia, qui avec ses 40 km2 est l'île la plus vaste et qui de surcroît a un lagon interne suffisamment profond et vaste pour accueillir des sous-marins et des porte-avions. En 1960,
les Chagos dépendent de Maurice qui est une colonie britannique
; mais en 1965, Maurice devient indépendante. La question
pour les Anglais c'est de faire "déguerpir", comme on
disait au temps colonial, les habitants. Les habitants vont être dégagés manu militari et se retrouver clochardisés à Maurice et aux Seychelles notamment, où ils vont débarquer sans rien. Ils n'avaient pas grand chose à emporter de toute façon mais là ils vont arriver s'entasser dans des bidonvilles sans le sou et avec interdiction de rentrer chez eux. Les Américains vont eux construire leur base militaire, et l'an passé Tony Blair a rappelé devant la Chambre des communes que Diego Garcia était essentielle dans leur " système de sécurité ". C'est d'ailleurs tellement essentiel que c'est de là qu'en 2001 les B-52 s'envolaient pour aller pilonner les Afghans. Entre temps les expulsés ont vieillis et grandi pour les enfants, d'autres sont nés à l'étranger, et à partir des années 80' certains ont entamé des actions en justice. Pour désamorcer leur lutte, le gouvernement anglais a commencé à leur distribuer des passeports britanniques du British Indian Ocean Territory. Parmi les
procédures il y a eu en particulier celle de Monsieur Bancoult,
qui est le dirigeant du GRC , Groupe Réfugiés Chagos, et
qui en temps que citoyen britannique, a obtenu l'assistance judiciaire
pour demander à la Haute Cour de Londres si un fonctionnaire britannique
avait le droit de promulguer une loi (celle de 1971 bannissant les Chagossiens
des Chagos) excluant des citoyens britanniques (les Chagossiens dans ce
cas) d'un territoire britannique qui est en plus le leur. Le 3 novembre 2000, la Haute Cour de justice de Londres a jugé l'expulsion des Chagossiens illégale et les a autorisés à rentrer chez eux. Mais, en pratique, le droit au retour n'a pas pris effet et le 10 juin 2004, deux décrets royaux d'Elizabeth II, (reliques coloniales), ont balayé ce jugement, interdisant à nouveau aux Chagossiens l'accès à leur archipel. Parallèlement, deux procédures judiciaires visent à obtenir des réparations financières des États-Unis et de la Grande-Bretagne. Londres estime avoir réglé sa part en débloquant 650 000 livres en 1978, puis 4 millions de livres en 1982. Mais les Chagossiens ne sont pas de cet avis et réclament d'autres compensations. Il y a en
fait à Diego Garcia environ trois mille civils qui travaillent
autour de la base - mais les autorités américaines ne veulent
pas des autochtones ; même l'entretien des tombes etc. a été
interdit pour effecer toute trace d'un peuplement antérieur. La lutte
que mènent actuellement les Chagossiens vise principalement les
objectifs suivant : Ils ne remettent
pas (pour l'instant du moins
quand on pourra mener des études
sur l'impact écologique des activités militaires occidentales
dans la région il se pourrait que ça change) en cause l'existence
de la base militaire, ils demandent simplement à pouvoir rentrer
chez eux. Quant aux
gouvernements de Maurice et des Seychelles ils ne sont pas trop enthousiastes Au plan judiciaire, ce 16 décembre 2005, la cour d'appel après 7 jours d'auditions a ajourné sa séance jusqu'au 19 janvier prochain. Nous renvoyons aux sites internet pour suivre et voir comment se mobiliser pour soutenir les Chagossiens. Enfin, en
tant que Mouvement International pour les Réparations (MIR), nous
tenons à souligner que nous ne sommes pas en train de remuer des
choses du passé mais des choses du présent qui déterminent
celles du futur. |