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Une reflexion du MIR-France
Mouvement International pour les Réparations
sur la date officielle de commémoration proposée par le Comité pour la Mémoire de l'Esclavage Notre organisation a entrepris plusieurs démarches afin de
faire savoir qu'elle souhaitait que le sacrifice du commandant Delgrès
et de ses compagnons acquière dans cette commémoration une place centrale.
C’est la date du 10 mai qui a été
proposée par le Comité pour la Mémoire de l’Esclavage[1].
10 mai 1802 jour de la déclaration
de Delgrès à Basse-Terre (Guadeloupe): « il existe des hommes malheureusement
trop puissants par leur éloignement de l'autorité dont ils émanent,
qui ne veulent voir d'hommes noirs ou tirant leur origine de cette couleur,
que dans les fers de l'esclavage. La résistance à l'oppression est un
droit naturel. La divinité même ne peut-être offensée que nous défendions
notre cause ; elle sert celle de la justice et de l'humanité
». 10 mai 2001, jour de l’adoption de la loi française par laquelle
(article 1) « La République française reconnaît que la traite
négrière transatlantique ainsi que la traite dans l'océan Indien d'une
part, et l'esclavage d'autre part, perpétrés à partir du xve
siècle, aux Amériques et aux Caraïbes, dans l'océan Indien et en Europe
contre les populations africaines, amérindiennes, malgaches et indiennes
constituent un crime contre l'humanité. » De ce 10 mai, nous sommes déterminés à faire désormais
chaque année le jour des combattants de la liberté. Ce premier 10 mai (2005) de commémoration
a été marqué par l'inauguration au Ministère de l’OutreMer à Paris,
d'un Salon Louis Delgrès, cérémonie assortie d'un discours novateur
de Madame Girardin[2],
que nous rapprochons d’un certain nombre d'autres discours récents d'officiels
français[3].
Ces discours se doivent d’être l’annonce
d’un tournant historique à venir pour ce pays dont la politique coloniale
n’a pas fini d’entraîner vers l’abîme des peuples entiers. Cette tradition coloniale vient encore
de s’illustrer avec le coup de force électoral d’avril 2005 au Togo
et les plus de huit cents morts que cela a d’ores et déjà coûté au peuple
de ce pays. Quant à la voie du négationnisme
choisie par le Parlement français avec sa loi du 23 février 2005[4],
nous avons quant à nous décidé de nous appuyer sur le combat immortalisé
par Delgrès dans sa proclamation du 10 mai 1802 pour la dénoncer et
exiger l’abrogation de la loi. [1] Rapport de propositions du Comité en ligne sur Internet
http://www.comite-memoire-esclavage.fr [2] Ministre française de l'Outre-Mer. Discours en ligne
sur Internet http://www.outre-mer.gouv.fr/outremer/ [3] Notamment du « je dois dire que j’ai honte
pour la France » de Bernard Stasi mandaté en mars 2004 par
les organisateurs des « Lauriers de la radio et de la télévision au
Sénat » pour remettre à Marie-Monique Robin le prix du « meilleur
documentaire politique de l’année » pour son « Escadrons de la
mort : l’école française », au début de reconnaissance des massacres de
Setif et Guelma qualifiés en mai 2005 de « tragédie inexcusable » par l’ambassadeur de France en Algérie Hubert
Colin de Verdière. [4] Loi qui notamment impose aux historiens, chercheurs
et enseignants, la reconnaissance du « rôle positif de la présence
française » dans ses colonies. |